Stigma

Colloque international
« La Pornographie et ses industries : un univers fantasmatique « marchandisé » ? »

Jeudi 19 Novembre,
Amphithéâtre de la Maison des Étudiants (MDE)
Université de Bordeaux 3 (sur le campus de Pessac)

(voir le programme)

Présentation

Stigma ou les « cris » du corps
Site du groupe « Arts, littérature et langage du corps », L.A.P.R.I.L.
Université Michel de Montaigne (Bordeaux 3), France.

Stigma. Les « cris » du corps. Ou bien encore l’« écrit » du corps. Depuis 2003, le groupe « Arts, littérature et langage du corps » poursuit un ensemble de recherches consacrées au corps, aux sexualités, aux genres et à leurs représentations dans les arts et la littérature, au sein du laboratoire et Équipe d’accueil du L.A.P.R.I.L. de l’Université Michel de Montaigne (Bordeaux 3).

Ce qui motive et fonde notre démarche, c’est la double conviction que ces domaines constituent, aujourd’hui peut-être encore plus que par le passé, des questions éminemment politiques et qu’elles révèlent des lignes de fractures, de contradictions et d’affrontement essentielles, dans le cadre d’une formation économique et sociale française en pleine mutation ; et que leur saisie permet de lire et déchiffrer (au sens des Mythologies de Roland Barthes) le sens et la portée des transformations qui sont en train d’affecter la société française. Bref, le corps et les sexualités font « symptômes ».

Cet effort d’intellection découle d’une grille de lecture qui emprunte :
- Sur le plan philosophique et politique, la notion de « simulacre » à Jean Baudrillard ;
- Sur le plan de l’esthétique et de la littérature, une conception de l’image dans son rapport à l’incarnation et à la présence élaborée et défendue par Georges Didi-Huberman et Jacques Henric ;
- Sur le plan épistémologique et méthodologique, des outils d’analyse autorisant une lecture symptomale (telle que Louis Althusser la préconisait).

Le groupe « Arts, littérature et langage du corps » a ainsi décidé d’aborder successivement quatre « problèmes de société », relevant de l’extrême contemporain, dont l’analyse est de nature à fournir des clefs pour appréhender notre monde et notre temps. Ce nouveau « quadriennal » étudiera le viol (2007), l’inceste (2008), la pornographie et son industrie (2009) et la prostitution (2010).

Publications

De 2003 à 2005, trois colloques internationaux ont été organisés à Bordeaux. Les Actes de ces journées sont publiés par Pleine Page Éditeurs (Bordeaux) :

Le corps, la structure : sémiotique et mise en scène, Dir. Jean-Michel Devésa, Bordeaux, Pleine Page Editeurs, 2004.

Depuis quelque temps, la représentation du corps dans les arts et la littérature, souvent liée d’ailleurs à celle de la sexualité, suscite de médiocres polémiques relatives à la transgression des « valeurs », à la « décadence » des mœurs et à l’exacerbation de l’individualisme et du voyeurisme. Trop souvent, les médias sont en la matière relayés par des experts et des observateurs prompts à fustiger les dérives d’une époque en proie à la « perte des repères ». L’effet de toge est garanti : par une curieuse ruse de l’Histoire, les dénonciateurs de la « marchandisation » se retrouvent à l’unisson des nostalgiques de l’ordre moral… Dans tous les cas, les uns et les autres occultent la tragique vérité d’un XXe siècle qui aura mis en scène, de manière concomitante ou presque, la négation absolue des êtres et des personnes (camps d’extermination nazis, Goulag, génocides « à la pelle et à la machette » du Cambodge et du Rwanda, etc.), et la revendication sans cesse plus affirmée, au sein de la société de consommation et du spectacle, d’« être bien dans son corps ».
Le programme de recherche et de publication « Arts, littérature et langage du corps » entend contribuer, sans a priori ni conformisme, à l’analyse des mutations en cours à partir d’une réflexion approfondie associant écrivains, artistes et universitaires.
Ce volume, rassemblant les Actes d’une première Journée d’études tenue le 12 décembre 2003, dans les locaux de la Maison Internationale-Pôle Universitaire de Bordeaux, dégage les axes essentiels d’un débat qui, en vérité, concerne chacun d’entre nous en cette « saison d’anomie » où un monde vacille et un autre émerge.

- Jean-Michel Devésa.

Textes : Pierre Bourgeade, Jean Broustra, Maryann De Julio, Michel Demangeat, Jean-Michel Devésa, Claude Foucart, Laurent Gitton, Hugues Marchal, Pierre Petit, Marc Saboya, Maïté Snauwaert, Rennie Yotova.
Images : Jean-Luc Leblanc, Patrice Leblanc et Marie Morel.

ISBN : ISBN 2-913406-06-8.
224 pages.
Imprimé en France.
Prix : 20 euros.

Modèles, fantasmes et intimité, Dir. Jean-Michel Devésa, Bordeaux, Pleine Page Éditeurs, 2005.

Tout en titrant son article : « Le Porno entre à la fac », le journal Sud-Ouest rendait hommage aux manifestations organisées en décembre 2004 et dont cet ouvrage est le produit. Après Le corps, la structure, ce deuxième volume de la collection « Arts, littérature et langage du corps », non seulement fait débat, mais dessine les lignes de clivage les plus efficientes au sein d’une société en pleine mutation : le corps et les sexualités ; leurs représentations et l’indispensable liberté qu’elles exigent pour que le sujet puisse assumer ses désirs, en vue de son épanouissement, sans préjugés et dans le respect de l’autre.
L’enjeu est considérable. Si l’on examine attentivement les productions littéraires et artistiques de ces dernières années, si l’on en comprend les problématiques et surtout si on les réfère au mouvement général de la société, on finit par déceler un tableau quelque peu effrayant du devenir technologique de l’individu.
Nous pourrions en effet vivre à l’échelle historique un mouvement de bascule : après avoir décuplé leurs forces et leurs potentialités en inventant des machines qu’ils n’ont cessé de perfectionner, les hommes sont peut-être en passe de voir émerger une humanité nouvelle, en réalité « bionique », de provoquer et d’instruire la « cyborguisation » de l’espèce.
Ce serait le sens de ce qu’il advient sous nos yeux au corps de plus en plus annexé et intégré à un flux informationnel, à des réseaux de communication, qui en font, au quotidien, une prothèse, un prolongement charnel de la machinerie sociale et technocratique.

- Jean-Michel Devésa.

Textes : Jacques Abeille, Emeline Abeloos, Gilles Berquet, Richard Biardeau, Judith Brouste, Maryann De Julio, Jean-Michel Devésa, Chloé Dréno, Katlin Kovacs, Philippe Gaildraud, Sophie Jaussi, Isabelle Kraiser, Isidore Krapo, Jean-Luc Leblanc, Patrice Leblanc, Sylvie Manouvrier-Leman, Hugues Marchal, Catherine Millet, Stéphane Mourad, Magali Nachtergael, Andrea Oberhuber, Ovidie, Pierre Petit, Ricard Ripoll, Kay Stresser, Nicolas Surlapierre, Edith Biegler Vandervoot, Alexandre Yterce.

ISBN : 2-913406-22-X.
272 pages.
Imprimé en France.
Prix : 25 euros.

Plaisir, souffrance et sublimation, Dir. Jean-Michel Devésa, Bordeaux, Pleine Page Éditeurs, 2007.

L’histoire des hommes se confond avec celle de leurs rapports à la technique. On a souvent traduit cette proximité ambivalente par des représentations qui l’exprimaient soit en termes prométhéens soit à partir d’une vision « catastrophiste », souvent réactionnaire, de l’Histoire. Dans tous les cas, le dualisme de la pensée occidentale, depuis Platon et sa défiance à l’endroit du corps décrit comme la « prison de l’âme » (Phédon), et en passant par Descartes et son Traité de l’homme, a induit une vision de l’humain empruntant au modèle de l’enveloppe (on dirait aujourd’hui du packaging) et de la mécanique. Cette dichotomie a conduit à considérer les hommes concrets, certes distingués des « animaux-machines », comme relevant d’un appareillage hybride associant la sensibilité et l’intellection au « machinique ». En ce début du XXIe siècle, avec le développement des biotechnologies et de l’intelligence artificielle, beaucoup se demandent si l’avenir de l’humanité n’est pas nécessairement bionique et si le cyborg n’est pas en passe de supplanter l’homo sapiens sapiens.
Les travaux et les débats du Colloque international Plaisir, souffrance et sublimation suggèrent qu’il ne suffit pas d’opposer le désir au règne de la technique et à l’ordre du monde car l’économie libidinale n’échappe pas au cyclique et à la répétition. La revendication du plaisir et du jouir, le refus voire le déni de la souffrance, l’aspiration à la sublimation n’auront jamais assez d’efficacité pour libérer les individus de dispositifs sociaux participant de « machines célibataires », c’est-à-dire de systèmes fonctionnant par, pour et en eux-mêmes. Pour tenter d’échapper à l’intégration et à la soumission aux flux communicationnels et pour résister à la tendance de réduire le vivant à l’état de « prothèse », il convient d’agir et de vivre en tant que sujets véritablement humains, ce qui implique de se penser enfin comme des « machines désirantes ».

- Jean-Michel Devésa.

Textes : Jacques Abeille, Shane Agin, Jean Allouch, Nelly Arcan, Irma Arnoux, Michel Bénézech, Anita Bénédicto, Gilles Berquet, Richard Biardeau, Régine Bruneau-Suhas, Renaud Camus, Pavel Cazenove, Katharine Conley, Francesco Cornacchia, Anna Coral Fullà, Maryann De Julio, Laure Delmas, Jonathan P. Eburne, Vanessa Filho, Claude Foucart, Xavière Gauthier, Serge Gavronsky, Florence Gonot, Stéphanie Heuzé, Marc Kober, Kimo Kopczynski, Katalin Kovács, Isidore Krapo, Marie L., Martin Lartigue, Maël Le Mée, Mirka Lugosi, Alessandra Marangoni, Hugues Marchal, Pierre Mazet, Mercedes Montoro Araque, Armine-Kotin Mortimer, Andrea Oberhuber, Pierre Petit, Ricard Ripoll, Georges Sebbag, Maïté Snauwaert, Michelle Tanon-Lora, Takeshi Sakaï, Pascal Tourain, Julie Trannoy, Rennie Yotova, Alexandre Yterce.

ISBN : 2-913406-73-4.
450 pages.
Imprimé en France.
Prix : 30 euros.

Par ailleurs, notre groupe a rendu possible la parution du livre de notre ami Pierre Petit :

Pierre Molinier et la tentation de l’Orient, Pierre Petit, Bordeaux, Pleine Page Éditeurs, 2005.

Quelle est l’influence de l’Orient sur Pierre Molinier ? Pierre Petit, qui a bien connu l’artiste pendant les cinq dernières années de sa vie, et qui lui a consacré une biographie (Molinier, une vie d’enfer), s’emploie dans ce nouvel ouvrage à traquer les influences orientales affichées (dont sa liaison avec Emmanuelle Arsan est une forme d’incarnation) et celles, beaucoup plus secrètes, qui sous-tendent son imagination.

.

ISBN : 2-913406-19-X.
64 pages.
Imprimé en France – Coédition Opales.
Prix : 13 euros.
En première de couverture : Amours (1966).
En quatrième de couverture : © Jacques Saraben, 1974 : photographie de Pierre Molinier.
Images : Jacques Saraben.

Site

Le site STIGMA a pour vocation de faire lien entre les membres et les collaborateurs du groupe « Arts, littérature et langage du corps » ; de diffuser les informations ayant trait à ses activités (manifestations et publications) et à ses partenariats ; de mettre en ligne les travaux et les débats qu’il organise.